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Le Cob Normand   

 

LE COB NORMAND : TRAIT SPORTIF DU XXIe SIECLE

 

            Le Cob Normand est le descendant des « carrossiers » du XIXe siècle, compacts, athlétiques et élégants.

            Ce cheval dont le berceau se situe principalement dans le département de la Manche  (circonscription du haras national de Saint Lô) à subit de multiple croisements. C’est à partir de 1785 qu’intervient l’importation de géniteurs pur-sang anglais et demi-sang anglais. Des croisements avec la jumenterie locale sont effectués au moins jusqu’en 1816. On renouvela l’opération une vingtaine d’années plus tard encore avec du pur-sang avant l’arrivée de chevaux demi-sang britanniques de race norfolk. La stabilisation de la race de chevaux anglo-normands s’étendra alors jusqu’en 1920. Il aura fallu prés d’un siècle de mariages divers de gênes pour « créer » ce type qui sera l’ancêtre commun au trotteur roi de Vincennes, au cheval d’obstacle de type selle français et enfin au cob.

Dans le domaine du type « carrossier » l’élevage reste longtemps assez diversifié par les éleveurs normands. Profitant d’un sol et d’un climat propices, ils produisent du cheval de trait pour les travaux de ferme ou l’attelage de transport, du cheval de selle un peu épais pour l’armée pouvant servir aussi à l’artillerie jusqu’à la guerre 1914-1918. Au lendemain de ce premier conflit mondial l’armée demande de moins en moins de chevaux, les automobiles prennent de plus en plus place sur les routes et dans les villes, les chevaux « carrossiers » sont moins demandés.

 

            Vers 1920, les éleveurs trouvent un nom générique à leurs chevaux, ils le nomment : cob. Ce n’est pas tout à fait un hasard puisqu’ils ne font en réalité que reprendre le terme déjà employé en Grande Bretagne pour désigner des chevaux cubiques qui peuvent avoir une double activité : la selle et l’attelage. Voilà donc une double motivation pour couvrir le marché complet du cheval. L’appellation Cob Normand n’apparaîtra vraiment qu’en 1997.

Bien qu’épais et bien charpenté, le cheval de trait aux allures brillantes reste très élégant, avec des tissus fins et une tête plutôt distinguée, en somme des qualités distinctives léguées par ses ancêtres de sang anglais.

 

C’est notamment après la guerre, en 1944, grâce à l’entêtement de M.Laurens de St Martin, Directeur du Haras de St Lô, qui a su mobiliser toutes les bonnes volontés locales dans l’essor des sociétés hippiques rurales, que le cob a pu se développer. S’opposant à sa hiérarchie, il entrevoyait d’alléger le modèle par des croisements avec de fameux pur sang anglais (Fra Diavolo, Foudroyant II, Furioso, Ultimate ou Rantzau). En effet, la possibilité d’utiliser un pur-sang sur une jument cob, engendrant un demi-sang, permit d’orienter l’élevage vers le selle français. Ce sont donc les haras nationaux qui ont sauvé le cob normand en investissant des moyens importants pour soutenir les éleveurs et pérenniser ainsi ce patrimoine génétique qui s’exprime aujourd’hui pleinement dans les compétitions d’attelage dont il est devenu la star incontestée. Mais si la compétition est la vitrine de la race, il faut savoir que 10% des cobs normands seulement la pratique.

 

            Le cob normand n’échappe pas plus que ses autres camarades d’infortune, au marasme d’après Seconde Guerre mondiale lorsque tous les moteurs du monde envahissent villes et campagnes. Malgré le « tout boucherie » des années 1970, où l’on apprécie pourtant sa viande jugée plus fine que celle d’un pur sang, le cheptel des juments passe de 3000 à 1000 têtes en dix ans dans la circonscription de St Lô. Toutefois, ce chiffre peut être considéré comme satisfaisant en comparaison de ceux d’autres races beaucoup plus alarmants. Le cob normand doit sans doute en partie sa « bonne mine » au renouveau de l’attelage sportif et de loisir. C’est en effet un cheval qui a conservé de la « gueule », dont  le gabarit est maniable et qui a du sang sous la masse ce qui ne gâche rien. Aujourd’hui, son élevage reste essentiellement localisé dans la région de Basse- Normandie mais le cob normand s’est exporté également dans des départements de Pays de la Loire (Vendée, Loire-Atlantique). La race enregistre en moyenne 600 naissances par an pour un cheptel estimé à 800 juments et 60 étalons.

Certains modèles peuvent aussi très bien satisfaire les envies de chevauchés en selle. Un élément important pour satisfaire une clientèle de cavaliers amateurs et pourquoi pas pouvoir séduire des clubs hippiques à la recherche d’une cavalerie sûre, solide mais pas lymphatique.

 

            Le Cob Normand amorce également une percée vers l’export, notamment en Belgique, en race pure, ou en croisement d’amélioration avec les Ardennais belges, afin de leur faire recouvrer les qualités d’allures que l’utilisateur se plaît à valoriser.

 

De plus, l’inscription automatique au stud book est acquise maintenant selon la règle des 7/8e de sang Cob Normand, et les objectifs de sélection sont clairement d’améliorer les qualités d’allures et d’aplombs recherchées pour l’attelage, tout en demeurant l’une des neuf races de trait françaises. C’est pourquoi notamment les candidats au concours-achat des étalons doivent impérativement être présentés attelés, sur une reprise de dressage. Depuis 1996, de jeunes étalons de race Cob Normand effectuent le circuit SHF jusqu’au finales nationales.

Par une sélection adaptée, le Cob Normand a gardé sa vigueur et sa légèreté. Son élégance et son influx en font en bon représentant des races de trait françaises en attelage. Se sont là ses meilleurs atouts à l’exportation en Belgique, mais aussi pour l’Italie et l’Allemagne qui seront les marchés du IIIe millénaire.

 

            Aujourd’hui, le Cob Normand reste une cheval polyvalent, présent dans les concours d’élevage (modèle et allures, utilisation, SHF), sur les salons du cheval et de l’agriculture, sur les routes internationales (« Route du Poisson », « Route des Vins et du Comté », « Les 24h du Trait Attelé ») , en compétition nationale et internationale.

Le Cob Normand s’est illustré sur les podiums Français, notamment au championnat de France des chevaux de trait en 2005, où l’attelage à quatre de M.Pouvreau, la paire de M.Debuigny et le Cob Normand de M.Bagilet ont gagné la médaille d’or dans leur catégorie.

 

            Attelage de loisir ou de compétition, randonnées montées, utilisation en ville, le Cob Normand, sportif, mais calme et sûr est bien armé pour tenir toute sa place dans la renommée d’excellence des races équines normandes.

                                                                                            

Pour plus d'infos : www.cobnormand.com